La nouvelle loi sur les ouvertures dominicales visant à modifier les règles et les garanties sociales dans le secteur du commerce, a eu pour effet de laisser sur le côté des dizaines de milliers de salariés-ées. En effet, la majorité des champs professionnels couverts par notre syndicat sont exclus du dispositif « Macron » sous prétexte qu’ils bénéficient d’une dérogation conventionnelle permanente sur le travail du dimanche…

Bien entendu, il ne s’agit pas pour nous de revendiquer une restriction des ouvertures dominicales dans les entreprises de l’hôtellerie, de la restauration ou des espaces de loisirs, mais d’obtenir des contreparties au même titre que celles impactées par la loi. Il faut rappeler que les différentes conventions collectives ne prévoient pas une rémunération supplémentaire et de repos compensateur. Puisque l’esprit du législateur était de reconnaître que le travail du dimanche devait être accompagné de garanties sociales, pourquoi n’avoir donc pas étendu ce principe à l’ensemble des secteurs professionnels concernés ? D’autant plus, que la création de zones touristiques internationales obligera, dans certains cas, l’ouverture d’établissements de la restauration sans que les salariés-ées disposent de contreparties.

La loi prévoit pour les entreprises de commerce situées dans ces zones une obligation de négocier des accords collectifs (branche professionnelle, entreprise, territoire…) mais sont exclues celles disposant déjà d’une dérogation permanente. Il y aura donc une multitude d’entreprises de restauration qui ouvriront désormais le dimanche, alors que ces salariés-ées à la base et contractuellement ne travaillaient pas ce jour-là. De plus, cela constituait aussi un choix pour un grand nombre d’entre eux. Qu’adviendra-t-il de la rémunération ? Du volontariat ? Des éventuels problèmes de transport ? De la garde d’enfants dans certains cas ?

Au-delà des entreprises situées dans ces zones touristiques internationales, notre syndicat entend bien poursuivre la revendication sur les contreparties pour l’ensemble des entreprises déjà ouvertes le dimanche ! Ce n’est pas pas parce-que les dérogations datent depuis des dizaines d’années, que nous devons nous interdire de parler de progrès social ! A l’heure où la branche des HCR (Hôtels Cafés Restaurants) rencontre un problème d’attractivité, avec des rémunérations basses et des conditions de travail difficiles, s’autoriser à vouloir négocier des contreparties sur le travail dominical ne nous paraît pas surréaliste, surtout dans un secteur ayant déjà bénéficié d’aides publiques comme la baisse de la TVA. Notons juste que cet avantage fiscal avait permis d’instaurer une prime annuelle pour l’ensemble des salariés-ées, prime qui a été supprimée unilatéralement par les représentants patronaux il y a deux ans…

Alors oui, la CFDT entend bien s’inviter dans ce qui est devenu un débat national : le travail dominical. A défaut de susciter l’intérêt des responsables politiques envers tous ces salariés-ées relevant des champs professionnels de notre syndicat, nous mobiliserons l’ensemble de nos équipes et revendiquerons, dans tous les espaces de négociations, des contreparties sur le travail du dimanche.