Dans les années 1990, Michel Charasse, Ministre du Budget, avait interdit le cumul des avantages fiscaux. Depuis, seule la restauration taxée à 19,6% peut accepter des tickets-restaurant (chèques-déjeuner et autres). A l’époque, pour continuer à accepter les tickets-déjeuner, les entreprises de restauration collective ont du créer des filiales taxées à 19,6% de TVA. Les patrons des HCR, après avoir dénoncé cet avantage concurrentiel du « secteur social » avaient applaudi, pour une fois, cette initiative d’un gouvernement socialiste.
Comment expliquer le silence des entreprises de restauration collective aujourd’hui face au retournement de la situation ? La baisse de la TVA réclamée par l’UMIH et ses consorts, compensée de façon quasi-permanente par des aides publiques, n’est-ce pas l’équivalent du cumul des avantages fiscaux précédemment interdit ?
Bien entendu, les restaurants de collectivités sous-traités, si la baisse de la TVA est obtenue, pourront à nouveau encaisser des tickets-déjeuner sans contrainte. Aussi, les multinationales aujourd’hui, gèrent aussi bien des restaurants de concession à 19,6% de TVA que des restaurants de collectivités
kif-kif pour la TVA ! Mais avec leur rigueur de gestion et leurs personnels payés au rabais, ce sont elles qui risquent d’être les grands gagnants en reprenant la gestion des cafés du coin de leurs patrons incompétents.
A la fin, ce sont bien les petits salaires qui en feront les frais

   – nivellement par le bas des statuts des personnels de restauration (la CCN HCR est encore moins avantageuse que celle de la RC) ;
   – suppression de l’avantage fiscal du ticket-déjeuner ou du restaurant d’entreprise pour les salariés des entreprises « clientes »;
   – à terme, remontée des prix de la restauration « sociale » pour atteindre ceux du « privé ».
Les employeurs, les cadres sup. et tutti quanti, s’en fichent, ce sont leurs entreprises qui payent leurs notes