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En Chine, vestige des anciens temps, les employeurs ont l’obligation de permettre à leurs employés de se syndiquer. Pour certaines entreprises occidentales s’installant en Chine, il a fallu créer des syndicats afin de permettre aux salariés d’être représentés : McDo, Carrefour, Wal-Mart sont parmi celles-ci.
La création de syndicats indépendants est toujours interdite. Il n’existe qu’une seule fédération, contrôlé par l’état, l’ACFTU (All China Federation of Trade Unions = Fédération des Syndicats de Travailleurs de Toute la Chine) qui regroupe les syndicats de toutes les branches professionnelles, présidé par Wang Zhaoguo.
Ainsi, lorsqu’un touriste voyage en Chine, il a la certitude que les salariés des hôtels et des restaurants de son parcours sont syndiqués et représentés par une organisation syndicale.
Lors d’une réunion internationale, notre syndicat a fait savoir à ses homologues chinois que dans les pays occidentaux et en particulier en France, la réciprocité reste à acquérir.
Cette information n’est pas tombée sur de sourdes oreilles ! Depuis plus de 18 mois, les Chinois instruisent ce dossier.
En avril 2006, le président de l’ACTFU a présenté le dossier élaboré par son organisation au Ministre du Travail, Zheng Silin, qui a été sensible à un certain nombre d’arguments. Retravaillé par ses soins et parrainé par Hui Liangyu, l’un des vice premiers ministres, le Conseil d’Etat s’est emparé de ce dossier y voyant des avantages économiques et sociaux non négligeables.
L’ACTFU vient de nous informer que le Premier Ministre, Wen Jiabao, en personne, va annoncer cette mesure après une série d’entretiens avec les représentants des pays concernés.
L’état chinois espère que la réciprocité aura pour effet de :
– maîtriser les flux touristiques des chinois vers l’étranger ;
– dynamiser l’industrie touristique interne et mieux rentabiliser les nouveaux équipements ;
– maximiser les investissements étrangers dans le renouvellement des équipements anciens,
– contribuer à réduire la pollution et le gaspillage des ressources en eau par l’intermédiaire de ces investissements, etc.
D’autres mobiles moins avouables, tels que rehausser les prix des séjours en Chine afin de limiter les contacts avec la population sont également à considérer.
M. Hervé Ladsous, l’ambassadeur de France en Chine sera l’un des premiers conviés. On peut s’attendre, suite à cet entretien, que le Conseil de l’Etat prononce une interdiction aux agences de voyages chinoises de contracter des prestations de services, de restauration ou d’hôtellerie avec des entreprises ou des intermédiaires utilisant des entreprises qui n’emploient aucun salarié syndiqué parmi le personnel de chacun de leurs établissements. Une procédure de validation des itinéraires, peut-être avec une certification des syndicats français, est à envisager.
Nous nous attendons à un rallongement de l’attente à nos permanences. D’ici à ce que les patrons proposent de payer les cotisations

Poisson d'avril