La CFDT estime que cette « solidarité » imposée par le gouvernement aux seuls salariés est injuste et inappropriée :
– elle repose sur la contribution des seuls salariés et masque une attaque contre les 35 heures ;
– dans bien des cas, la valeur de cette journée de travail est supérieure au montant de la taxe payée par les employeurs (0,3% sur le salaire brut mensuel depuis juillet 2004) ;
Mais dans le cadre de nos secteurs professionnels, notoirement reconnus pour les bas salaires et les conditions de travail difficiles…
– les employeurs bénéficient de remises sur les charges sociales pouvant atteindre 26% dans le cas d’un salarié à temps plein payé au SMIC mensuel brut, et pourraient très bien restituer ces 0,3% sans contrepartie ;
– évaluée à 7 x 7,61 € (une journée de SMIC), le montant de la taxe récupérée aux salariés rémunérés aux minima de nos secteurs est totalement disproportionné à l’effort de solidarité demandé dans tous les autres cas (voire dans bien des cas, supérieur au montant des impôts sur les revenus) ;
– dans le secteur des HCR, les salariés ne bénéficient que de 4 jours fériés dans l’année au lieu de 11 pour les autres secteurs, le niveau de solidarité réclamée par le gouvernement y est donc presque 3 fois plus élévé…
Faudrait-il non-seulement que l’on soit payé toute notre vie moins chers que les autres (47% de Smicards au lieu de 14% dans les autres branches) mais en plus que l’on paye plus chères nos places dans les mouroirs des années à venir ?…
Lorsque les règles de l’acceptable sont trangressées, que nous reste-t-il ?
C’est pourquoi, parmi d’autres solutions, le syndicat invite ses sections syndicales à négocier pour trouver d’autres solutions.
Dans certaines entreprises, l’employeur paie la contribution de 0,3% sans demander aux salariés de venir travailler. Un collectif d’employeurs artisanaux « Les amis du lundi » s’est même constitué entre des petits patrons qui trouvent cette mesure dérisoire.
D’autres accords d’entreprise prévoient d’étaler le coût ou la durée de la journée de travail sur l’année, rendant ainsi la mesure presque “indolore”.
Malgré tout, une grande majorité de salariés devra travailler ce lundi de Pentecôte. C’est pourquoi, indique la Confédération, « tout ce qui contribuera à faire du 16 mai une journée de repos ou de non-travail ira dans le sens de l’action de la CFDT : faire prendre des jours de congés, de RTT ou autres pour montrer qu’il n’y a pas de travail ce jour-là sont autant de signes qu’il faut donner ». L’imagination est requise : organiser des actions festives et innovantes, des rassemblements devant les mairies, les préfectures, les chambres patronales, les centres commerciaux…
Quant à la grève, « c’est par le rapport de force, face à cette décision unilatérale du gouvernement, que les salariés éviteront le risque de se faire accuser de grève illicite. Plus ils seront nombreux, moins il sera possible au patronat d’évoquer la jurisprudence » (qui interdit de faire grève pour satisfaire soi-même sa propre revendication). L’essentiel est de marteler le message : le système imposé est injuste ; le financement de la dépendance doit concerner tous les revenus.
Dans nos secteurs, et en particulier celui des HCR toujours à 39 heures hebdomadaires, si vous deviez quand-même travailler, n’oubliez pas de réclamer les 48 minutes de salaire qui vous sont dues ! (La journée de solidarité est de 7h00 et non de 7,8h (7h48m) – soit 39 divisé par 5).