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Des salariés de la restauration venant de tous les Etats Unis se sont rassemblés aujourd’hui (9 août) dans la zone financière de New York. Objectif : montrer au grand jour les problèmes des ouvriers de l’industrie des services. Faibles salaires, manque d’avantages, manque de garanties en cas de maladie ou d’accident du travail.
Ces ouvriers assurent le fonctionnement du quartier financier. Ils servent les déjeuners sur leurs postes de travail aux employés des grandes institutions financières, les repas des hommes d’affaires, le casse-croûte aux étudiants, le goûter aux écoliers et le fastfood aux stades et aux centres de convention.
Grâce à une décennie de consolidation de l’industrie, plus d’un million d’ouvriers dans le monde entier sont employés par une poignée de sociétés de prestations de services multinationales qui assurent le travail « non fondamental » (par exemple, rrestauration, nettoyage) d’entreprises, d’établissements scolaires, d’universités, de cliniques et d’hôpitaux.
Certes, de nombreux établissements n’ont pas sous-traité la restauration mais 80% des contrats externalisés sont dominés par les trois plus gandes compagnies qui emploient plus de deux fois le nombre d’ouvriers dans le monde que le géant de la restauration rapide, McDonald’s.
« Les ouvriers travaillant ici à Wall Street , qui servent les salariés de certaines entreprises les plus riches au monde, peuvent à peine nourrir leurs familles, » fait remarquer le Président d’UNITE HERE, Bruce Raynor. « Ces hommes et femmes conscientieux se lèvent avant le soleil pour préparer la nourriture qui alimente l’économie nationale. Pourtant, tout comme elurs luttes, ils sont invisibles. Ils se tiennent de l’autre côté des comptoirs, servant des repas à ceux qui touchent des primes individuelles se chiffrant dans les millions de dollars. Et leurs employeurs les privent du mùinimum nécessaire en termes d’assurance maladie. Qu’ils travaillent pour le secteur scolaire, santé, une société de Wall Street, ou sont mis au service d’une marque de fastfood (1), leur situation est injuste et injustifiable ».
« Je travaille dans un cafétéria au coeur de la zone financière avec une trentaine de collègues » explique Celia, salariés d’Aramark dans un établissement du numéro 55 Water Street qui loge JP Morgan et d’autres compagnies. « Depuis un an, nous luttons pour un contrat de prévoyance décent. Nous venons de savoir que nos maigres garanties sont supendues du fait du refus d’Aramark de les prolonger dans l’attente de la fin des négociations. »
Ce rassemblement a permis aux ouvriers de le restauration de montrer à Wall Street le travail important qu’ils effectuent et les défis qu’ils relèvent.
« Maintenant nous voyons qu’il y a des centaines de milliers d’ouvriers comme nous à travers le pays, et nous allons nous battre ensemble pour améliorer les normes de notre industrie toute entière, » dit l’un de ces ouvriers, Calvin Wyatt, salarié d’ARAMARK qui sert des employés de Citigroup à 111 Wall Street. Le revenu de Citigroup, par ailleurs, était de $26,63 milliards pour le deuxième trimestre de 2007.
« Il est intolérable que les employés de la restauration sur qui nous comptons pour nous alimenter, nous-mêmes et nos enfants, luttent pour subvenir aux besoins de leurs propres familles. Ces compagnies sont si profitables qu’elles puissent et doivent investir dans leurs employés. Nous devons nous assurer que les compagnies ne tirent pas profit de leurs employés et des contribuables, qui inévitablement doivent creuser plus profond dans des leurs poches pour couvrir les coûts, » a expliqué le contrôleur William C. Thompson de New York City, qui était l’un de ceux qui ont manifesté leur soutien afin d’obtenir des emplois et des salaires décents à l’ensemble des ouvriers de la zone financière de la ville.
UNITE HERE représente 450 000 membres à travers l’Amérique du Nord dans la blanchisserie, l’habillement, le textile, la restauration et les industries hôtelières.

(1) Aux Etats Unis, les marques de restauration rapide sous-traitent la main d’oeuvre de leurs établissements à des compagnies comme Sodexho, Aramark, Compass, etc.

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