La journée d’action du 28 mars a donné lieu à une mobilisation très importante des salariés. Et cela, malgré les manœuvres du gouvernement qui cherche à faire porter aux organisations syndicales la responsabilité de l’absence de dialogue et les inquiétudes liées aux violences. Les manifestations ont rassemblé environ deux fois plus que celles du 18 mars 2006. Les cortèges CFDT ont été une nouvelle fois très fournis. Au-delà des manifestations qui ont donc été imposantes, il y a eu aussi de nombreux arrêts de travail dans le public mais aussi dans le secteur privé pour se rendre aux manifestations.
Les confédérations sont en contact permanent pour envisager les suites à donner à l’action si le gouvernement persiste dans son refus de retirer le CPE, comme semblent le montrer les dernières déclarations du Premier ministre, cet après-midi à l’Assemblée nationale. Une nouvelle intersyndicale est prévue demain à 14 heures. D’ici là, les choses peuvent encore bouger

Avant même les manifestations, le Premier ministre a tenté une nouvelle fois une manœuvre pour essayer de discréditer les organisations en les invitant à une nouvelle réunion dont l’objet était des discuter des aménagements du CPE. La réponse des cinq confédérations ne s’est pas fait attendre. Elles ont refusé de participer à une telle réunion. Ci-après, la réponse de François Chérèque au nom de la CFDT…

Paris, le 28 mars 2006
Monsieur le Premier ministre,
J’aurais souhaité prendre connaissance du contenu de la lettre que vous nous avez adressée tardivement hier soir, autrement que par médias interposés. Je relève dans celle-ci votre attachement soudain au dialogue social. Cependant, alors que dans votre précédent courrier invitant à la réunion du vendredi 24 mars, vous nous disiez vouloir, je cite « évoquer sans a priori des mesures propres à lever les inquiétudes », vous persistez aujourd’hui à faire du maintien du CPE un préalable puisque vous fixez comme cadre à la discussion, je cite « des aménagements à apporter au contrat première embauche ».
Il est clair que le CPE est aujourd’hui devenu une hypothèque à tout dialogue. Persuadé qu’il est nécessaire de lever cette hypothèque pour qu’enfin nous abordions, sans discrimination d’âge, sans a priori les solutions d’avenir avec le souci de l’intérêt des jeunes et du pays tout entier.
Vous connaissez, Monsieur le Premier ministre, les deux éléments de nature à permettre de dépasser la situation de blocage.
Le premier porte sur le respect de la fixation par les conventions collectives de la durée de la période d’essai de tout contrat dans notre pays.
Le second a trait à l’obligation de justifier tout licenciement ou toute rupture de contrat de travail dans le cadre de la législation constante de notre pays et des traités signés par la France dans le cadre de l’organisation internationale du travail.
Dans l’intérêt de l’avenir de tous les jeunes, je souhaite que vous acceptiez de retenir ces deux éléments essentiels. Sur cette base la CFDT est prête à ouvrir toute concertation sur les parcours d’accès à la vie active des jeunes comme les cinq confédérations représentatives s’y sont engagées devant vous lors de notre échange de vendredi dernier.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’expression de mes sentiments distingués.