Le scandale des aides publiques aux employeurs de l’hôtellerie-restauration

1,5 milliards d’euros entre juillet 2004 et décembre 2005 pour créer
40 000 emplois. On les attend toujours
Puis, 1 milliard d’euros pour l’année 2006 afin de compenser l’absence de baisse du taux de la TVA, nécessaire pour créer ces mêmes 40 000 emplois. En 2007, le gouvernement promet la continuation des aides publiques augmentées de 60% (passant de 114 € à 180 € mensuels par salarié), soit à nouveau 1,6 milliards d’euros. Le tout pour créer toujours les mêmes 40 000 emplois !
L’opinion publique est induite en erreur ! Malgré les promesses à reculons, elle a cru que ces nouveaux emplois promis par M. André Daguin et consorts allaient réduire le taux de chômage en France. Mais, détrompez vous ! Les employeurs des HCR ne veulent pas des jeunes des banlieues qui viennent de prouver qu’ils savent défendre le Code du travail. Les employeurs des HCR veulent une main d’œuvre corvéable à merci, otage de la pauvreté familiale, isolée, capable de travailler à n’importe quelle heure et même des jours fériés, sans contrepartie et sans revendications !
Après avoir obtenu un total de 4,1 milliards d’euros pour créer 40 000 emplois, soit 6 années du SMIC brut (39 heures, au taux actuel) par emploi – éventuellement – créé, ces mêmes employeurs montent au créneau médiatique pour défendre l’embauche de salariés venant des pays de l’est
Et de réclamer des organismes paritaires de formation, la prise en charge des stages d’adaptation professionnelle et des formations linguistiques.
Dans cette perspective, on comprend mieux l’inertie patronale à améliorer les salaires et les conditions d’emploi dans la profession. Il ne fallait surtout pas embaucher ! Il suffisait de plaider une pénurie de main d’œuvre en attendant l’élargissement de la communauté européenne, pour empocher des aides publiques à foison ! Tout en maintenant les salaires au niveau du SMIC pour plus d’un salarié sur deux travaillant déjà dans le secteur et en s’assurant une tranquillité sociale absolue.
Notre syndicat exige du gouvernement des garanties formelles quand au non cumul du recours à « l’immigration choisie » et aux aides publiques de création d’emploi. Dans le cas contraire, l’effet d’aubaine prendrait des proportions indécentes. Il faut maintenant des avancées significatives sur la grille de classification, les salaires et les dispositions de la convention collective pour démontrer l’absence de complicité entre les pouvoirs publics et patronaux !
Notre syndicat sera en première ligne pour assister nos collègues migrants à réclamer leurs droits selon le Code du travail français, soit ici, soit dans le cadre d’une assistance à leurs syndicats locaux d’origine.

Source : Voir le président de l’UMIH Paris (syndicat patronal) plaider sa cause dans ce reportage de TF1 ici, (JT de 13h du 01/05/06) ou bien ici.