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Compass Group compte, en effet, acheter ses salariés moins chers cette année et utiliser ses immenses profits, largement abondés par l’état Français, à racheter des sociétés de restauration.
« 1% au 1er avril, 1% au 1er juillet, 0,5% au 1er octobre, ça vous fait 2,5% dans l’année, c’est supérieur au taux d’inflation » jure la direction. Mais en réalité, on en est loin. Pour l’exemple, prenons un salaire légèrement supérieur au SMIC, mettons de 8,70 € de l’heure. Voici la réalité de cette augmentation :

Sans augmentation en 2008
(8,70 € x 151,67 heures)
Même salaire
avec l’augmentation 2008
Janvier 1 319,53 € 1 319,53 €
Février 1 319,53 € 1 319,53 €
Mars 1 319,53 € 1 319,53 €
Avril 1 319,53 € 1 331,66 €
Mai 1 319,53 € 1 331,66 €
Juin 1 319,53 € 1 331,66 €
Juillet 1 319,53 € 1 345,31 €
Août 1 319,53 € 1 345,31 €
Septembre 1 319,53 € 1 345,31 €
Octobre 1 319,53 € 1 352,90 €
Novembre 1 319,53 € 1 352,90 €
Décembre 1 319,53 € 1 352,90 €
Total 15 834,34 € 16 048,20 €
Différence totale perçue en 2008 213,85 €
Augmentation en moyenne mensuelle 17,82 € soit 1,35%

Au cours de l’année, on aura donc touché 213,85 € de plus que l’on aurait pu prévoir au 1er janvier. Soit une augmentation moyenne de 1,35% en 2008 ! Les 2,5% annoncés ne sont effectifs qu’en comparant le salaire de janvier 2008 à celui de janvier 2009.

Alors qu’on parle de pouvoir d’achat, le surcoût enregistré au cours de l’année pour une consommation hebdomadaire de 10 litres de gasoil (environ le quart d’un plein) et à fortiori d’essence, pour se rendre à la gare ou à son lieu de travail suffirait à anéantir cette augmentation !

Pour les Agents de Maîtrise et Cadres, la direction a proposé des « enveloppes » du même pourcentage de la masse salariale concernée ; enveloppes qui seront distribuées « au mérite » avec pour les AM, un garde-fou autour de 1,75% (de janvier 2008 à janvier 2009) soit 75% de l’enveloppe à distribuer de façon égalitaire.

Non contente d’imposer ses minima, la direction se met à thésauriser. Alors que la loi impose des délais de paiement des fournisseurs de matière première, les fournisseurs du travail (les salariés) échappent à la réglementation. Il est donc parfaitement possible de se faire de la trésorerie sur leur dos. Ainsi, la direction « encourage » les salariés à « placer » leurs heures sup’ et jours de repos sur un Compte Epargne Temps et les libère plusieurs mois après à raison de 4 heures par semaine en bénéficiant des exonérations de cotisations sociales (et de l’impôt pour le salarié). Tout cela au nom de l’amélioration du pouvoir d’achat !

Un quart du 13ème mois payé avec l’argent de nos retraites !

Et la meilleure pour la fin
La direction a décidé de verser le 13ème mois en une seule fois au lieu de deux. Raison invoquée : la contrepartie du maintien de la subrogation en cas de maladie (la direction paie d’abord les indemnités journalières de maladie et se fait rembourser par la Sécu). Un maximum de quelques centaines d’euros par mois pour quelques malheureux salaries. Et bien, pour financer cela, la direction reporte de 6 mois le paiement de la moitié du 13ème mois pour la totalité des salariés !

La même tactique est adoptée pour les Agents de Maîtrise qui percevront la part variable de leur salaire en une seule fois en fin d’année.

Ce report permet au groupe de bénéficier non seulement d’un gain considérable de trésorerie (6 mois x 4,17% de la masse salariale annuelle) mais aussi d’un gain en termes de remises de cotisations sociales. En effet, pour un salaire équivalent au taux horaire du SMIC cette remise est de 26% du salaire mensuel brut. Elle diminue progressivement à 0% à hauteur de 150% du SMIC. Or, 50% des salariés sont dans le voisinage immédiat du SMIC et 70% dans cette tranche. Automatiquement, la direction, au lieu de perdre deux fois la remise dans l’année, ne la perd qu’une seule fois. Un gain de 340,31 € par SMIC (à comparer aux 654,46 € du demi-mois de salaire). Par cette astuce, plus du quart du 13ème mois des plus bas salaires est financé par le contribuable français à la plus grande joie des actionnaires de Compass Group.

Notre Syndicat appelle les pouvoirs publics à revoir les conditions d’attribution de ces remises de cotisations sociales à l’origine censées créer des emplois mais qui ne servent désormais qu’à consolider les marges bénéficiaires des multinationales.

En effet, Compass Group pousse la logique jusqu’à annoncer le paiement à 100% du 13ème mois même lorsqu’il n’est pas acquis (pour cause d’absence, par exemple) avec une régularisation déduite mensuellement. Le but ? Amener les 11 autres salaires mensuels au plus près du SMIC pour profiter de la remise maximale.