Manif’ du 11 novembre
Connaissant le travail du week-end et des jours fériés mieux que quiconque, le Syndicat a manifesté par solidarité avec les salariés du commerce devant les grands magasins du Boulevard Haussmann afin de dénoncer la déréglementation qui permet à la grande distribution d’agrandir son amplitude d’ouverture.
Quelle est cette assimilation entre repos et consommation ? A-t-on réellement besoin de « consommer » du loisir dans les commerces, les gymnases privés ou en voyageant pendant nos jours de repos.
Le repos (congés hebdomadaires puis annuels) a été chèrement acquis par nos aîeux, ceux-là même dont on célébrait la mémoire par ailleurs ce 11 novembre. Le repos existe pour alléger le stress, se refaire une santé pour « ne pas perdre sa vie à la gagner ». Et encore moins pour créer une classe de « sous-salariés », mal payés, sans acquis, pour servir le pouvoir d’achat des autres !

Mieux vivre en conciliant vie professionnelle et vie personnelle par l’amélioration notamment des situations de travail, est un leitmotiv pour la Fédération. En accord avec ce principe, le sujet des déréglementations reste plus que jamais d’actualité. Une journée de mobilisation est prévue le 11 novembre.
De nombreuses tentatives récentes ont encore rappelé l’existence du danger : ouverture des commerces de nuit lors des soldes, ouverture les jours fériés ainsi que les dimanches, nocturnes, etc.
L’augmentation des ouvertures est (nous dit on) inévitable car elle prend en compte les demandes du consommateur et s’appuie sur des éléments économiques. Les tenants du libéralisme n’hésitent pas à présenter de faux arguments pour arriver à leurs fins :
Les déréglementations permettraient de relancer l’économie. Faux ! Sans mesure d’augmentation du pouvoir d’achat, le chiffre d’affaires réalisé n’est que déplacé.
Il faut s’adapter pour apporter un meilleur service à la clientèle. Faux ! Le commerce français est l’un de ceux des pays européens qui offre déjà annuellement le plus d’heures d’ouverture à la clientèle. De plus, la demande du consommateur n’est pas démontrée. Au contraire, dans un sondage récent, 53 % des Français s’expriment pour dire leur opposition aux ouvertures du dimanche.
Les salariés sont volontaires. Faux ! Les salariés, souvent en situation précaire, sont contraints de travailler dans de telles conditions et le volontariat souvent brandi, est illusoire.
Cette problématique ne percute pas que les salariés du commerce.
D’autres professions qui interviennent dans les centres commerciaux sont aussi concernées. Les agents de propreté sont obligés d’accroître leur prestation au détriment de leur qualité de vie, comme les agents de sécurité, les employés chargés de la maintenance technique et informatique, les professions de l’agroalimentaire, du transport et de la logistique. La liste est longue.
C’est un véritable enjeu de société.
Bien vivre sa vie au travail sans avoir à sacrifier sa vie personnelle. C’est dans le respect de ce principe que la Fédération inscrit sa démarche.
Il ne faut pas attendre pour faire pression et mettre en accord les actes avec les déclarations de congrès. Le temps de l’action est venu !