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Depuis le 1er janvier à 0h00, les employeurs de la branche hôtels, cafés, restaurants ont l’obligation comme tout autre employeur en France, de protéger la santé de leurs employés et d’assurer leur sécurité au travail. On parle, bien entendu, de l’interdiction de fumer.
Un chiffre de 5 000 décès par an par tabagisme passif est évoqué par le Ministère de la Santé, des décès de non fumeurs (1). La statistique n’indique pas combien de serveurs, serveuses ou de salariés des HCR sont concernés. Mais on sait que les personnes les plus en danger sont les personnes vivant ou travaillant aux côtés d’un (des) fumeur(s) dans un espace fermé, même régulièrement aéré. Les substances toxiques et les goudrons se déposent et s’incrustent partout notamment dans les tissus corporels, la peau et les cellules, qu’ils appartiennent à un fumeur ou à un non fumeur. Les femmes sont les plus vulnérables, les femmes enceintes (et leurs bébés) encore davantage.
Les salariés et surtout les salariées des HCR sont donc mis en danger. D’une part, les personnels de salle travaillent (jusqu’à présent) dans un environnement enfumé, pour certains en permanence et d’autre part, ils ont, en général, une durée du travail intégrant quatre heures supplémentaires hebdomadaires obligatoires – voire davantage.
Et pourtant, le gouvernement a ajouté aux cadeaux fiscaux et autres exonérations une dérogation de dix mois pour appliquer une loi anti-tabac mise en oeuvre par toutes les autres entreprises en France dès le 1er février 2007. Visiblement, la santé des salariés des HCR importe peu pour nos dirigeants !
Est-ce suffisant pour expliquer cette couverture médiatique ne mentionnant pas une seule fois la santé des salariés !
Et que penser de l’attitude de l’UMIH ? Il y a un an, son président, André Daguin, vociférait pour obtenir un sursis à l’application de la loi. Maintenant, tout en saluant une mesure de salubrité publique, il fait plancher ses juristes sur l’épineuse question à savoir si la loi serait réellement applicable le 1er ou le 2 janvier ?
Malheureusement, il faudra attendre les premiers salariés souffrant de cancers du poumon ou de maladies cardio-vasculaires qui intenteront des procès à leurs employeurs en compensation. Au moins, désormais, cette éventualité est ouverte ; comme celle d’éventuels recours contre les ministres responsables.

Ce qu’il faut savoir :
Il est totalement interdit de fumer dans TOUS les établissements de la branche HCR, cafés, casinos, restaurants, bistrots, bars, restauration rapide, sandwicheries, tabacs, hôtels, discothèques et autres lieux de « convivialité ».
L’employeur n’a aucun choix en la matière. Il peut mettre à disposition un fumoir : un local clos, équipé d’extracteurs et d’une porte à fermeture automatique ne pouvant ni être ouverte par mégarde ni bloqué en position ouverte. Les consommations ne peuvent pas être servies à l’intérieur du fumoir – le fumoir est interdit aux salariés.
L’employeur a l’obligation d’assurer votre sécurité et de protéger votre santé. C’est son obligation de faire respecter l’interdiction et non celle des salariés.
Les bars à narguilés et autres fumoirs exotiques ont désormais une activité illégale. Les salariés pourront se retourner contre les employeurs qui n’ont pas programmé leur cessation d’activité à temps ou qui n’ont pas assuré tous leurs devoirs de reclassement, d’indemnisation, etc.
L’employeur qui userait de l’astuce de transformer son établissement en « Club privé » ne peut employer aucun salarié au contact avec la clientèle.
Les agents de police et de l’Inspection du travail ainsi que de plusieurs autres services administratifs moins connus peuvent verbaliser les clients comme les employeurs : 68 € d’amende pour chaque fumeur et 135 € pour l’employeur par fumeur (pouvant atteindre 450 et 750 € en cas de retard de paiement).
Enfin, les salariés dont les employeurs n’appliqueraient pas cette loi pourraient obtenir la rupture de leurs contrats de travail dans des conditions particulièrement intéressantes.

(1) Ce sont 66 000 décès par an de fumeurs ou d’anciens fumeurs pour des raisons liés au tabac.