La presse fait état cette semaine des sourires de nos chers patrons à la sortie de leur rendez-vous d’avec le Ministre de l’Economie et des Finances, Nicolas Sarkozy. Selon « Les Echos » du 19 mai, André Daguin (président de l’UMIH – la principale organisation patronale) a déclaré que « Dans ces conditions, les professionnels confirment leurs engagements en matière de salaires et d’emplois, et souscrivent à l’idée d’une réforme profonde du secteur en coopération avec Bercy », selon le principe « du donnant-donnant et du gagnant-gagnant ». Surprise, car jusqu’à présent, les employeurs ont refusé tout engagement tant que la baisse de la TVA reste en suspens. A moins que les salariés ne fassent pas partie des gagnants…

« M. Daguin » précise le NouvelObs « qui était accompagné de l’ensemble des responsables des syndicats (d’employeurs – NDLR) de l’hôtellerie-restauration, a cependant refusé de donner des précisions sur les engagements de la profession » en contrepartie du plan d’allégement des charges. Comment donc a-t-il pu s’engager, comme le rapporte « Les Echos », à ce que des réunions de travail débutent d’ici à la fin mai et que « tout sera bouclé à l’échéance du 15 juin » ? Il serait « prêt à signer, au lendemain de la mise en place effective du plan d’allégement, la nouvelle convention collective » de la profession !
Avec qui négocie-t-il donc ? On voit difficilement les organisations syndicales signer une nouvelle CCN alors que ces mêmes employeurs refusent d’appliquer la précédente qu’ils ont mis 14 ans à conclure. Les syndicats de salariés n’ont aucune invitation de la part l’UMIH. C’est pourquoi la CFDT s’y impose un rendez-vous le 4 juin.
Selon « Libération » du 20 mai, « …le budget 2005 a tout de l’équation impossible : alors qu’il ne doit augmenter que de l’inflation ­ soit environ 4 milliards d’euros, la somme des promesses (TVA sur la restauration, intermittence du spectacle, etc.) et des dépenses obligatoires comme le service de la dette et les rémunérations des agents de l’Etat s’élève déjà à 11 milliards d’euros ».
Les remises maximales de charges sociales se situant autour du SMIC (dont la restauration a une version spécifique moins chère), on peut se demander comment le gouvernement peut être si naïf que d’inciter toute une profession à vouloir se les goinfrer.