S’il y a une catégorie de salariés qui souffre de la hausse des prix des carburants, c’est celle qui est le moins payée. Mais les salariés peu payés qui n’ont d’autre choix que d’utiliser leur véhicule personnel pour se rendre au travail sont encore davantage pénalisés. C’est le cas de ceux qui travaillent dans des lieux ou à des horaires décalés. Par exemple, les salariés des hôtels et des restaurants parisiens qui commencent très tôt leur service pour terminer en début d’après-midi. Ou encore, ceux qui commencent à midi pour terminer après minuit. Il y a aussi ceux qui travaillent dans les cafétérias/fast-foods des aires d’autoroute sans la moindre possibilité de transport en commun.
De toute façon, tout le monde sait que les transports publics ont des fréquences acceptables aux heures de pointe mais sont très longs dans les heures creuses. Les chauffeurs d’autobus ont aussi des coupures. Dommage pour ceux qui font des temps partiels entourant les heures de repas dans les restaurants de banlieue. Les cinq minutes d’attente en heure de pointe peuvent se transformer en une heure, les trains sont omnibus au lieu d’être directs et les bus font des détours pour ramasser du monde.
Guère de choix que de prendre un véhicule personnel surtout si on cumule plusieurs petits boulots ! Or pour un temps partiel de 20 heures hebdomadaires au SMIC, la hausse du prix du carburant a totalement balayé la dernière augmentation du SMIC (sans tenir compte d’aucune autre augmentation de produit ou de service). Passant de 8,27 € à 8,44 € au 1er juillet 2007, la hausse du SMIC brut représente 3,40 € par semaine – 2,64 € en enlevant les cotisations sociales ; somme correspondante à la hausse du prix d’une consommation hebdomadaire de 15 litres de SP95 (1,175 € au 1/7/07 – 1,35 € aujourd’hui) ou de 26 litres de gasoil (1,09 € | 1,19 €).
Depuis le 1er janvier 2007, les prix des carburants au litre ont augmenté d’environ 20% dans les stations services les moins chères. Pour un budget gasoil de 30 € en début d’année, il faut maintenant dépenser 36,06 € pour acheter la même quantité de carburant. Pour le même budget en SP 95 (dont on achetait moins de litres au départ), il faut maintenant compter 34,91 €.
Même parmi les 53% de salariés des HCR au taux horaire du SMIC, ceux et celles effectuant 39 heures hebdomadaires voient leur « amélioration du pouvoir d’achat » de 34,59 € de cotisations sociales non prélevées depuis le 1 octobre, anéantie par la hausse du prix des carburants.
Pas étonnant que nos délégués signalent des salariés dormant dans leurs voitures sur les aires d’autoroutes où ils travaillent.
Alors que l’absence de négociations permet aux employeurs de substituer le SMIC aux salaires minima conventionnels, l’amélioration du pouvoir d’achat appelle d’autres solutions que des mesurettes proposées jusqu’à présent.