Au sein d’une direction régionale de l’est de Paris, regroupant plus de 70 restaurants d’entreprises, la direction d’Avenance a mis en place des règles de management très particulières. Lors d’une réunion de l’encadrement, un mot d’ordre a été donné : notifier et sanctionner toute faute commise par les employés, quel que soit le degré de gravité. Un étonnant dispositif a été mis en place, afin que chaque directeur de restaurant puisse appliquer cette nouvelle règle immédiatement et sans perte de temps. On imagine les dérives qu’un tel système peut générer. Ainsi un cuisinier peut recevoir une mise à pied uniquement parce qu’il a servi un client un peu plus généreusement, ce qui arrive régulièrement dans une relation commerciale. Les directions des entreprises de restauration collective gèrent l’organisation du travail par le chaos (effectif à flux tendu, personnel non remplacé…). Dans ce désordre organisé, les salariés par conscience professionnelle, se démènent pour que la prestation soit servie à l’heure du déjeuner. Les salariés instaurent eux-mêmes des régulations afin que le client soit servi et satisfait, pendant que la direction fuie sa responsabilité d’employeur. La CFDT ne peut tolérer que de telles pratiques soient mises en place dans une entreprise qui affiche à l’extérieur sa responsabilité sociale. La politique du tout répressif nous fait penser à des pratiques douteuses d’un autre âge. A quand l’incitation à la délation, comme cela se fait aux Etats Unis ! A l’heure où les employeurs de la restauration collective se lamentent de ne pas trouver du personnel et se plaint de ne pas pouvoir fidéliser leurs salariés, ils n’ont comme solution que de sortir les bâtons et d’instaurer un management par la terreur. La CFDT dénonce fortement de telles pratiques qui entraîneront forcement des abus.