Alors que le tout-récent rapport de l’expert judiciaire laisse entendre que les détournements de fonds du Comité d’Entreprise sur les 3 dernières années atteignent des proportions insoupçonnées jusqu’à présent, le nouveau secrétariat du CE se retrouve pieds et poings liés

Rappelons qu’à la suite d’une mise en examen de deux personnes, son ancien secrétaire et son ancien directeur, le CE a été mis sous administration judiciaire dans l’attente des élections professionnelles dont le second tour a eu lieu le 9 décembre 2010.

Aussi paradoxale que cela puisse paraître, cette administration judiciaire aboutit à une absence de comptabilité et de contrôles comptables au sein du CE. Le contrat avec l’ancien cabinet comptable, par ailleurs mis en cause par l’expert judiciaire pour la non-exposition des malversations, a expiré le 30 octobre 2010. Depuis cette date, tout est en attente car un appel d’offres, lancé par l’administrateur judiciaire, n’a pas été mené à terme.

Telle est la situation découverte par le nouveau secrétariat qui, depuis le 21 décembre 2010 (date à laquelle les candidats CFDT sont placés aux postes de responsabilité par une majorité de 11 voix sur 15) cherche à s’informer et à s’approprier le fonctionnement et la maîtrise de la gestion du CE.

La CFDT estime donc qu’il y a urgence à mettre en place un cabinet comptable de confiance. Le respect des dispositions du règlement intérieur conduirait à un « pilotage à vue » du CE, sans comptabilité, durant au moins 3 mois à rajouter au retard actuel de 4 mois et avec un peu de retard procédurier dont certains sont spécialistes, un exercice entier sans comptabilité !

C’est pourquoi la CFDT a proposé, lors de la réunion du CE du 8 février, de lever une des ses clauses pour ne pas reporter indéfiniment la reprise en main de la comptabilité du CE. Elle a proposé de comparer les offres de 2 cabinets retenus par l’administrateur judiciaire et d’un troisième retenu par ses soins. L’intérêt de la démarche paraît évident.

Néanmoins, certaines organisations syndicales ont préféré crier au scandale quitte à mettre en péril les activités du CE, jugeant peut-être que la direction comblerait le vide comme elle l’a fait précédemment. L’absence de vote de la direction, qui a pourtant commandité l’expertise judiciaire, est encore moins compréhensible. Quel pourrait être son intérêt à faire en sorte qu’il y ait un partage des voix et un report inévitable ?

Espérons que la justice nous le dira !