Mercredi 27 octobre, les employeurs de la restauration collective ont vigoureusement refusé la proposition de la CFDT d’intégrer le SMIC de droit commun. Ils déduisent toujours du calcul du SMIC, la moitié de la valeur des avantages en nature. Autrement dit, le salaire minimal de la profession est inférieur au SMIC national. La CFDT veut en finir. Les employeurs réclament
des aides de l’Etat !
Par contre, ils ont remis aux syndicats durant la séance de négociation de branche, un bien curieux projet d’accord. Celui-ci serait, si les employeurs obtenaient des signatures, le 38ème avenant à la Convention Collective Nationale (rien que ça) !
Son contenu aborde la retraite, la prévoyance et les conditions d’emploi.
Retraite
En résumé, les employeurs demande la possibilité de mettre à la retraite les ayants droits à taux plein âgés de 60 à 65 ans qui n’ont pas demandé par eux-mêmes à partir. Et ils en demandent une contrepartie ! Embaucher à leur place des personnels en contrat aidé : apprentis, contrat de professionnalisation

A l’âge de 58 ans, chaque salarié serait convoqué à un entretien où il devrait faire part de ses intentions non seulement sur le plan professionnel mais aussi familial et personnel. L’employeur pourrait ainsi programmer la date de sa mise à la retraite et profiter des programmes d’emplois aidés les plus intéressants.
Par ailleurs, les employeurs proposent de faire passer systématiquement un bilan de compétence, à chaque salarié à l’âge de 45 ans. Est-ce un hasard que les entreprises de restauration collective possède quasiment toutes leur boîte de formation interne et que ces bilans sont financés par les Fongecif, les OPCA (FAFIH) et les Conseils Régionaux (éventuellement) ? N’empêche que ces bilans de compétence peuvent, dans certains cas, être extrêmement dérangeants psychologiquement, l’entreprise les fera suivre par des actions de formation que si elles partagent le projet professionnel élaboré par le salarié. Et dans le cas contraire ?
Femmes enceintes
Il y a vingt ans, dans les grandes entreprises de restauration collective, les femmes enceintes bénéficiaient sans condition de contrat d’une heure de repos supplémentaire par jour à partir du 4ème mois (inclus) de la grossesse.
Aujourd’hui, les employeurs proposent 30 minutes par jour à partir de la 23ème semaine. Après une lecture attentive du texte, il semble bien que « l’esprit du rédacteur » est de n’accorder cet avantage qu’aux seules salariées à temps plein. Les temps partiels y sont bien mentionnés mais le texte est si flou que n’importe quel employeur pourrait y échapper !
Capital décès
Ici aussi, les employeurs proposent à peu près la moitié de ce qui existait dans les principales entreprises de restauration collective il y a 20 ans.
Contrats à durée déterminée
Les employeurs proposent une priorité d’embauche des salariés en CDD aux emplois en CDI. Consacrant à jamais la pratique du « CDD période d’essai », cette proposition ne créé qu’un nouveau voeux pieux en termes de priorité d’embauche. Les temps partiels (et contractuellement dans certaines entreprises, les contrats intermittents) bénéficient déjà de cette priorité qui n’a jamais été réellement respectée par les entreprises. Pourquoi celle-ci serait différente ?