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On aura tout entendu ! Ce matin par la presse interposée, le Syndicat National de la Restauration Collective a annoncé une hausse de ses prix de 8,5% à 10%. « Nous sommes en bout de chaîne et avons subi une hausse des prix pour les aliments à base de céréales, de produits laitiers et carnés » plaide Dominique Benezet du SNRC dans les colonnes du Figaro.
Dominée par trois multinationales, Sodexho (et sa filiale Sogeres), Compass Group et Avenance (filiale du groupe Elior) détiennent à eux trois quelques 75% du marché français de la restauration concédée. Dans des secteurs tels que l’enseignement, elles se vantent d’acheter la matière première à moins d’un euro par repas. Elles se vantent également d’avoir évité jusqu’à présent, des hausses de tarifs par la réalisation de gains de productivité dans les frais de personnel. Encore un bon usage des remises de cotisations sociales obtenues en échange d’employer 70% de SMICards dans ces entreprises.
Qui payera donc ces hausses de tarifs ? D’une part, les salariés des entreprises et collectivités clientes. Certains d’entre eux cumuleront la hausse des repas de leurs enfants scolarisés, de leurs propres repas au restaurant d’entreprise et ceux de leurs parents en maison de retraite ou maintenus à domicile. D’autre part, les salariés des entreprises de restauration collective. Déjà sous le coup d’un blocage de leurs salaires durant 18 mois, ils payeront par des suppressions d’emploi ou par la diminution de leurs heures de travail.
Finalement, ce ne sont pas les entreprises du SNRC qui sont en « bout de chaîne » mais bien leurs salariés qui subissent les mêmes hausses, aggravées, sans aucun pouvoir de négocier les prix avec leur hypermarché local et sans aucun moyen de facturer plus cher leur travail.
A la veille de la prochaine conférence sociale sur les salaires et le pouvoir d’achat, cette initiative de Yann Coléou, président du SNRC, représentant Sodexho, est d’un cynisme épouvantable.
La CFDT attend des prochaines négociations des grilles de classifications, une avancée significative du pouvoir d’achat de toutes les catégories du personnel de la restauration collective !