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Le Syndicat National de la Restauration Collective (SNRC) a cédé enfin à une revendication de la CFDT en proposant lors des négociations salariales, la suppression du SMIC hôtelier dans la branche. Depuis juillet 2004, elle reste la seule en France à l’appliquer.
Cette mesure éminemment anti-sociale permet la déduction de la demie valeur du repas quotidien servi aux salariés du montant de leur SMIC. L’évolution paraît inéluctable sachant que les entreprises profitent d’une TVA à 5,5% du fait du « caractère social » de leur activité. La situation est donc intenable pour le SNRC, mais il l’utilise pour arracher un accord de principe pour la refonte de la Convention Collective Nationale afin de « l’adapter aux réalités du marché et aux secteurs peu présents lors de sa conclusion » (enseignement, santé, maisons de retraite
).
En vue d’ajouter quelques arguments aux débats, notre Syndicat a commandé une étude afin de mesurer les conséquences économiques et sociales des propositions du SNRC. Le rapport du cabinet de consultants fait ressortir que la mesure est largement financée par une « optimisation » des remises de cotisations sociales. Il s’agit d’une restructuration de la masse salariale tirant les salaires intermédiaires vers le SMIC afin de toucher davantage de remises par le biais d’une absence d’augmentation générale durant 18 mois. Autrement dit, les uns paient la suppression du SMIC RC pour les autres !
Déjà en retard d’une augmentation générale au 1er avril 2007, le SNRC vient de retirer sa proposition d’un rattrapage de 1%. Mesure de vengeance du refus de la CFDT de signer une grille de salaires en dessous du SMIC « de droit commun » au 1er juillet 2007. Ainsi les salariés de la branche n’auront aucune augmentation durant deux ans à l’exception de celles et de ceux qui sont actuellement payés à un niveau inférieur au SMIC. Ils auront « la chance » de se voir appliquer le SMIC RC (celui dont les repas sont déduits) à partir du 1er de ce mois. Dans ces conditions, autant dire que la suppression du SMIC RC rapporte aux employeurs !
Le SNRC cherche également à remanier la Convention Collective à son avantage en améliorant les possibilités de flexibilité, etc.
Bas salaires, remises de cotisations sociales optimisées, flexibilité sans contrepartie, temps partiel et intermittence imposés permettent aux entreprises adhérentes au SNRC de gagner des parts de marché à « l’autogestion » en répondant au moins disant lors des appels d’offres. On n’est pas loin de la concurrence déloyale !
Dans notre syndicat, les salariés de certains restaurants de collectivités non sous-traités (qui restent toujours la vaste majorité en France) doivent lutter avec acharnement pour conserver leurs salaires et leurs avantages acquis. Leurs employeurs luttent pour conserver leurs contrats dans une adversité absolue. Pour eux, salariés comme employeurs, la menace de la sous-traitance est omniprésente à chacune de leurs négociations.
Le SNRC doit comprendre que les militants CFDT ne sont pas dupes ! Les entreprises n’ont jamais partagé les remises de cotisations sociales avec leurs salariés. Elles ont pourtant été consenties par le gouvernement pour développer et améliorer l’emploi.
Nous ne voulons pas des manipulations mais des contreparties réelles pour améliorer le quotidien des 80 000 salariés de la branche.
La rentrée risque d’être chaude dans les restaurants de collectivités !