A la lumière des restructurations répétitives qui ont lieu dans notre secteur professionnel, l’UES (Union Economique et Sociale) constituée par voie d’accord d’entreprise semble de plus en plus avantageux aux mains des employeurs.
Dans certaines branches comme la restauration collective, la restauration sous contrat ou la restauration rapide, les entreprises tirent clairement profit des gains de productivité réalisée lors de ces opérations. Elles réalisent des économies de frais de structure (moins de personnel dans les sièges sociaux, moins de loyers…), réduisent les acquis des salariés sous prétexte de l’impératif économique – toujours par voie d’accord – et pratiquent « un management par le chaos » sur le terrain. En changeant sans arrêt les responsables hiérarchiques, en oubliant de remplacer les absents, les salariés présents sont laissés à leurs propres devises pour accomplir le même travail dans le même temps avec moins de moyens.
Par ailleurs, la conclusion d’un accord de ce type dispense le groupe de la gestion des structures juridiques. Il peut regrouper et défaire des activités au sein d’une UES comme bon lui semble sous réserve d’obtenir la signature d’une ou plusieurs organisations syndicales. Et au final, sous réserve que les non signataires, s’ils sont majoritaires, n’exerçent pas leur droit d’opposition.
On comprend mieux pourquoi ces entreprises tentent de constituer des « clubs de négociation » avec des représentants désignés par les organisations syndicales les moins exigeantes dans l’entreprise. Qui sont aussi les moins présentes sur le terrain. Cela est même prévu maintenant par la loi qui institue des coordinateurs dans les grands groupes.
D’autres syndicats, comme la CFDT, sont historiquement implantés dans les unités de travail au plus près des salariés. Pour nous, de manière générale, c’est une dégradation des relations avec la hiérarchie fonctionnelle qui est à relever. Car nos élus sont dépouillés de leurs fonctions. Il faut 4 à 6 mois à un délégué du personnel pour obtenir une réponse à une simple question sur les conditions de travail.
Cet état de fait est fortement préjudiciable pour l’emploi et les conditions de travail dans ces secteurs professionnels.