Dans beaucoup d’entreprises, les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont actuellement en cours. Les délégations CFDT entendent des employeurs qui déplorent « des chutes de leur activité » en 2005. Bien entendu, il existe une multitude de situations en fonction des critères spécifiques à chaque hôtel. Mais d’une manière générale, cette graphique de l’INSEE nous montre que le taux d’occupation des hôtels a progressé légèrement en 2005, toute catégorie confondue :

graphique de l'INSEE

Celle-ci montre les variations saisonnières de l’activité qui suivent grosso modo les événements du calendrier scolaire d’année en année. Il n’y a pas eu non plus de chute significative liée au calendrier :

graphique de l'INSEE

Lorsque les comptes sont consolidés par les grands groupes, la somme des résultats ne devrait-elle pas profiter aux salariés ?
Les énoncées pessimistes des directions des grandes chaînes nationales seraient-elles davantage liées à la « cannibalisation » de la clientèle entre les marques de ces mêmes groupes ? Une conséquence de leur promotion médiatique de l’hôtellerie économique, dont les établissements se trouvent généralement à proximité des hôtels de catégorie supérieure ? La faute des salariés ? Ils subissent en tout cas, la limitation des augmentations salariales et la remise en cause de la quantité d’emplois dans les hôtels où le service de qualité supérieure commande davantage de main d’œuvre.
Dans une autre publication, l’INSEE étudie « Les salaires dans les entreprises en 2004 ». L’institut nous apprend que si le salaire annuel brut moyen (en euros constants, c’est-à-dire inflation neutralisée) a progressé de 0,6% entre 2003 et 2004, la progression du salaire moyen net de prélèvements a été de 0%. Curieux, car en 2003, ces chiffres étaient de 0,3% et -0,3% respectivement. Remises de cotisations sociales pour les employeurs, augmentations pour les salariés ! Mais on est là dans les moyennes nationales. En regardant le détail, les employés, eux, ont subi une baisse du salaire annuel brut moyen de -0,1% et une baisse du salaire moyen net de prélèvements de -0,7%.
Enfin, rappelons que le salaire mensuel moyen brut constaté par l’INSEE au niveau national est de 2 440 € contre un montant de 1 608 € mis en avant par les organisations d’employeurs pour l’équivalent dans les HCR.
Sources :
INSEE Première n° 1067 – février 2006 – Les salaires dans les entreprises en 2004
INSEE Première n° 1065 – février 2006 – Reprise de la fréquentation touristique en 2005