Longtemps leader de la progression sociale dans la restauration rapide, McDonald’s semble jalouser la médiocrité de ses concurrents.
Le Syndicat entame une distribution massive de tracts dans les restaurants de la maison-mère (McDonald’s France Restaurants) afin d’exprimer son désaccord sur des pratiques de « management » du personnel inacceptables.
Lisez le texte ci-après :

Comment peut-on se plaindre d’une pénurie de main d’œuvre en licenciant des salariés à tour de bras ? Ca se passe comme ça chez McDo !
La CFDT constate :
– une hausse des licenciements disciplinaires à l’égard des salariés qui osent réclamer leurs droits,
– une dégradation des conditions de travail.
Et pourtant, l’entreprise profite au maximum des remises de charges sociales consentis par l’état en contrepartie d’un « coup de pouce » à l’emploi des jeunes mais n’a guère de tolérance à leur égard.
Lorsqu’un salarié défend son droit, on rédige à la hâte des avenants aux contrats de travail pour tenter d’imposer des modifications d’horaires qui deviennent insuppor-tables pour tous. Bien entendu, c’est du bluff ! Non signés par les salariés, ces avenants ne sont pas applicables.
Pour faire face à la pénurie de personnel, on demande aux équipiers de remplacer leurs collègues en assumant plusieurs postes en même temps.
Tant pis pour les risques d’accidents du travail et tant pis pour les normes de sécurité alimentaire.
Les représentants du personnel CFDT constatent par ailleurs :
– le non paiement des heures supplémentaires ;
– le non respect de la politique des repas telle que définie dans l’entreprise ;
– un matériel de travail dégradé et/ou en panne.
Lorsque le salariés terminent leur service après minuit, on les renvoie chez eux à pied au lieu de rembourser les frais de taxi comme le prévoit la Convention Collective.
Dans certains restaurants, la situation est particulièrement préoccupante.
Par exemple, au McDonald’s Bonneuil (Val de Marne), plus de 10% des salariés ont été licenciés en moins d’un mois. Certains, pour des retards d’une minute à la prise du service alors que la pointeuse avance de sept minutes.
« Il faut avancer la pendule pour qu’ils arrivent à l’heure » déclare la direction aux représentants du personnel CFDT. De telles propos incitent à croire les salariés lorsqu’ils se plaignent d’écarts de langage, voire d’injures, de la direction locale.
La sécurité n’est pas assurée par des vigils comme il se doit. La direction cherche, selon les salariés, à en faire l’économie même le week-end aux moments cruciaux.
Les caméras de surveillance ne risquent pas d’enregistrer des malfaiteurs. Elles sont braquées sur les équipiers, enregistrant leurs moindres gestes afin de motiver des procédures disciplinaires. La gravité de la sanction dépend de « la tête » de l’équipier.
Interpellé, le P.-D.G. fait la sourde oreille aux réclamations du personnel et se plaint d’un mauvais accueil des clients.
La CFDT s’inquiète fortement de cette rupture du dialogue social qui semble liée à des changements récents dans l’équipe de direction.
La CFDT, qui, depuis l’origine, accompagne cette branche professionnelle dans la création de nouveaux gisements d’emploi, ne peut accepter ce manque de respect à l’égard des salariés, et en particulier des jeunes salariés.
La direction a le devoir de se montrer citoyenne et exemplaire.