Les petits ruisseaux font de grandes rivières. Comme les multinationales le savent très bien…
Des dizaines de milliers de salariés concernés par le Salaire Minimum National sont encore sous-payées d’un montant de £41,03 (47 €) par an dû à l’utilisation d’une formule de calcul qui avantage leur employeur.
Leur employeur, c’est Sodexo. La multinationale d’origine française ! Elle détient des contrats de restauration et de services dans les stades, les attractions touristiques, les bases de l’armée, les prisons, les hôpitaux, les écoles, les cantines d’entreprises privées et des administrations

Ses salariés sont payés mensuellement sur la base d’un salaire minimum national annuel de £11 918,40. Celui-ci devrait être de £11 959.43. Soit un manque à gagner de 0,03 € de l’heure sur le salaire minimum national de 6,76 € (£5,73) de l’heure.
Le syndicat britannique GMB qui représente 600 000 adhérents a invité Sodexo à respecter la formule correcte. Le problème vient du calcul du salaire annuel avant qu’il ne soit divisé par 12 pour arriver au montant mensuel. Considérant que l’année comprend 52 semaines (et non 365 jours) et ignorant les années bissextiles, Sodexo « oublie » 1,25 jours de salaire par an.
Selon Andy Prendergast de GMB « Sodexo paie ses salariés mensualisés sur la base de 52 semaines par an et non 52,179 qui est la base d’une année de 365,25 jours (incluant l’année bissextile). Pour le personnel le plus nombreux, censé percevoir le salaire minimum national, cette différence horaire de 0,03 € (£0,02) le place en-dessous de celui-ci.
Le fait qu’une compagnie de la taille du Sodexo emploie une formule qui prive la plupart de son personnel du salaire minimum est une véritable honte. £0,02 de l’heure peut paraître peu, mais nos adhérents au salaire minimum ont besoin de chaque centime. C’est une société qui postule pour de nombreux contrats publics subventionnés et qui se présentent comme un leader mondial de la restauration et des services. Mais ils ne peuvent même pas employer la formule correcte pour respecter leurs engagements légaux vis-à-vis du personnel.
Interpellé par GMB, Sodexo refuse de rectifier le calcul prétextant que son logiciel de paie n’est pas en mesure de le traiter. Cette excuse les expose pour les profiteurs qu’ils sont, heureux de payer des dividendes aux actionnaires avec de l’argent dû à ses salariés les moins bien rémunérés. GMB exigent que chaque ouvrier soit remboursé avec les intérêts dus. GMB entreprendra par ailleurs toutes les mesures nécessaires auprès des administrations pour l’y contraindre ».