Les cessions des activités dites non stratégiques sont arrivées à leur terme. Les cessions des murs se poursuivront jusqu’à ce que le groupe ne possède plus une pierre et les cessions d’hôtels et mises en franchises continueront diminuant sans cesse le périmètre opérationnel du groupe.

Pour quelles raisons? ce n’est finalement en aucun cas une question de stratégie au sens noble du terme… c’est exclusivement parce que des actionnaires ont « flairé la bonne affaire » et décidé de démanteler ce groupe pour y puiser toutes ces richesses… La cession des marques est elle la prochaine étape? Évidemment Monsieur Hennequin nous jurera que non, comme on nous a juré que LENOTRE ne serait jamais cédé.

Chez Accor, les salariés et un certain nombre d’observateurs extérieurs s’accordent à dire que la finance a pris le pas sur l’hôtelier, et au final sur le social et sur l’humain…

Comment ne pas rebondir sur la situation des salariés du Pullman Rive gauche, hôtel emblématique au demeurant. La direction d’ACCOR trouvera sans doute de bonnes raisons à la cession de cet hôtel. A-t-elle des garanties concernant l’avenir de ces salariés ? Les seules choses qui importent ne sont elles que la faiblesse du coût du plan social et l’ébruitement au minimum de cette « affaire » au profit d’une opération financière ?

Si la cessation d’activité de cet hôtel est significative de la politique du groupe, il ne faudrait pas oublier tous nos autres collègues qui quittent le groupe et qui, le plus souvent, deviennent salariés des franchisés, perdant de ce fait les avantages sociaux du groupe. Bien évidemment, on nous expliquera que ces salariés conservent leur emploi mais tant de constats sur place nous montrent ô combien de nombreux salariés vivent des situations difficiles et précaires.

Nous pensons également aux salariés du Sofitel Arc de Triomphe dont le projet de cession est en cours alors que cet hôtel présente d’excellents niveaux de résultats, sans oublier les restructurations passées et actuelles sur les sièges.

Nous avons déjà longuement débattu des conséquences de toutes ces opérations de cessions et de restructurations. Le comité de groupe, et plus globalement toutes les instances représentatives du personnel n’ont jamais été entendus.

Face à cette stratégie, nous ne pouvons que nous poser des questions, qui vont bien au-delà des conditions salariales… Combien de cession d’hôtels vont-elles encore être effectuées ? Des enseignes pourraient elles être cédées ?

Ce démantèlement, que la direction a toujours refusé d’admettre, est considéré depuis le début par les partenaires sociaux comme une grave erreur stratégique d’un point de vue opérationnel. Depuis l’entrée de Colony, les membres du comité de groupe ont alerté les directions générales sur les conséquences économiques et sociales de cette stratégie.

Cette politique de cessions ne tient elle pas uniquement à la volonté de Colony d’engranger rapidement des bénéfices sans se soucier de l’avenir à moyen terme du groupe et de ses salariés, ne pourrait elle pas prendre une forme plus dévastatrice pour les salariés en fin d’année lors de sa sortie programmée ?

Source : Communiqué de presse intersyndical du 23 juin 2011