Cette semaine, presse et radio font état d’une note de service interne à Sodexho visant à supprimer le paiement du repas en nature des salariés effectuant le Ramadan. Cette dénonciation a des allures de coup monté démagogique et électoraliste.
Le problème des avantages en nature ne concerne pas une catégorie ou une autre du personnel, mais tous les salariés les moins payés, quelque soit leur origine, ethnie, sexe ou religion.
En effet, comme dans la restauration publique, on déduit du SMIC la demi valeur de l’avantage en nature pour établir un SMIC RC (Restauration Collective). Autrement dit plus de 60% des salariés de la branche touchent un salaire inférieur au SMIC national en raison de cette déduction.
Ensuite, il faut savoir comment traiter les repas consommés ou non consommés sur les lieux de travail. Là non plus, ce n’est pas une catégorie du personnel qui est visée. Il s’agit d’un flou artistique au niveau de la gestion. La valeur des repas nature est intégrée dans le calcul de l’indemnité de congés payés. Mais un salarié qui préfère sortir du restaurant faire des courses plutôt que de déjeuner sur place, comme il en a le droit, verra son repas nature compté comme s’il avait été consommé. Depuis des mois, la CFDT revendique une avancée de l’accord d’entreprise à ce sujet.
Lorsqu’on sait qu’une organisation syndicale (qui se reconnaîtra) a dénoncé la pratique du repas emporté et les risques au niveau de l’hygiène alimentaire que prenait l’entreprise en l’autorisant, on comprend qu’il s’agit d’un coup monté. Les feux des médias sont davantage braqués sur des faits divers comme la signature par Sodexho de  » la charte de la diversité  » (un engagement de lutter contre les discriminations) que sur des réalités quotidiennes.
En termes de prestations, il est vrai que la restauration collective ne sait guère servir les minorités. Pour des raisons traditionnelles, on propose du poisson le vendredi ! Mais les végétariens, végans, hindous, bouddhistes, juifs, musulmans, ou tout simplement ceux qui sont au régime, n’y mangent sans doute pas à leur faim tous les jours. On se demande pourquoi les salariés subiraient un préjudice de ce fait sans avoir le choix d’un alternatif.
Sans consignes claires, la hiérarchie ne sait pas bien gérer le problème. Chacun y va de son mieux et de ses bonnes intentions sociales, d’où des paniers repas remis aux salariés qui ne déjeunent pas sur place.
Pour sa part, la CFDT souhaite améliorer dans les meilleurs délais, l’accord d’entreprise pour éviter les interprétations irresponsables et génératrices de haine.