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Les membres du Comité de direction opérationnelle ne ratent pas une occasion pour rappeler que Sodexho est une entreprise socialement responsable. Au mois de juin, Yann Coleou, Directeur Général de la Restauration et des Services France a même évoqué devant un parterre de responsables syndicaux CFDT, le partenariat de la multinationale avec les Restos du Cœur. Certains lui ont fait remarquer que sa hiérarchie y envoyait les salariés de son entreprise ! Car, même avec un CDI à temps complet, le salaire ne suffit pas à boucler les fins de mois et encore moins lorsqu’on subit un temps partiel imposé ou un contrat intermittent payé 8 mois sur 12 dans le secteur scolaire.

Que les employeurs se donnent bonne conscience en contribuant à des œuvres charitables et/ou en attendant pour serrer la main de leurs ouvriers en compagnie du curé à la sortie de l’église, cela fait partie de notre culture syndicale. Mais lorsque les actes contredisent la philosophie affichée du patron et les règles que le capitalisme s’impose, il peut avoir lieu de s’inquiéter.

Or, Sodexho vient de consacrer son retrait définitif des transactions de la Bourse de New York (NYSE) officiellement en raison du peu d’opérations qui y sont enregistrées. En ce faisant, Sodexho se défait de son obligation de respecter la loi américaine « Sarbane Oxley » votée en 2003 en réponse aux scandales financiers dont Enron. Cette loi impose :
    * l’obligation pour les présidents et les directeurs financiers de certifier personnellement les comptes ;
    * l’obligation de nommer des administrateurs indépendants au comité d’audit du conseil d’administration ;
    * l’encadrement des avantages particuliers des dirigeants (perte de l’intéressement en cas de diffusion d’informations inexactes, interdiction des emprunts auprès de l’entreprise, possibilité donnée à la SEC – Securities and Exchange Commission, l’autorité de régulation des marchés boursiers américains – d’interdire tout mandat social pour les dirigeants soupçonnés de fraude) ;
    * la mise en œuvre de contrôles internes et de codes de conduite.

Quelles pourraient être les raisons de ne plus vouloir se conformer à ces règles ? Les dirigeants français de Sodexho ne risquent plus de se voir extrader aux Etats-Unis en cas de défaillance de leurs contrôles sur les affaires conclues par leurs filiales américaines qui représentent la plus grosse part du chiffre d’affaires mondial. A l’inverse, une mise en cause des dirigeants américains serait sérieusement compliquée par un passage diplomatique en France.

Seul point positif au tableau : Sodexho n’a plus l’obligation de mettre en place une « hot-line » de dénonciation des abus, jugés en France comme de la délation professionnelle.

Sources : Business Wire, Wikipedia