Sodexho Inc., la filiale américaine de la compagnie française, sera jugée pour discrimination raciale au printemps.
Sodexho a, en effet, perdu la dernière étape de la procédure ; sa demande d’un jugement «  sommaire » (permettant un procès devant des magistrats) ayant été rejetée. Le juge fédéral, Ellen Huvelle, a rendu une décision le 22 décembre (2004) ordonnant que Sodexho soit jugée aux assises (devant un jury) sur l’ensemble des allégations retenues contre elle et a fixé une date provisoire au 25 avril pour le début du procès.
Sodexho nie les accusations de discrimination à l’encontre des employés et des membres de l’encadrement issus des minorités raciales. Mais le juge a considéré que Sodexho ne parvenait pas, compte tenu de «  la montagne de preuves et d’attestations accumulées  », à démontrer que ses décideurs n’agissaient pas de manière préjudiciable à leur égard.
Sodexho souligne que cette décision porte sur la forme du procès et non sur le fond et ses avocats se disent confiants que la compagnie ne sera pas condamnée.
Depuis 2001, lorsque 13 membres de l’encadrement noirs ont déposé plainte pour discrimination raciale, l’entreprise multiplie les initiatives pour obtenir une transaction en dehors des tribunaux mais la justice américaine a considéré les faits suffisamment graves pour accorder un statut «  d’action de classe  » permettant aux 2600 salariés concernées de se joindre à l’action.
Le Syndicat UNITE HERE, qui représente les salariés, a déjà investi plus de 10 millions de dollars en frais d’avocats.
De son côté, Sodexho multiplie les initiatives en vue de soigner son image. Sponsoring de clubs et de tournois sportifs, dons aux organisations luttant pour l’intégration, production de rapports sur la pauvreté conjointement avec une association des maires des grandes villes, campagnes pour la diététique dans les écoles, etc. « Last but not least », la création d’un Conseil d’entreprise réunissant une douzaine de personnalités du monde civile et politique issus des minorités en vue d’aider l’entreprise à mieux intégrer les minorités et à s’insérer dans leurs communautés.
Ces initiatives ont déjà coûté une fortune au groupe sans pour autant réussir car à la presse américaine est friande des faits divers, nombreux, liés à la firme. Aux USA, l’absence de subventions oblige les entreprises de services à gérer des relations directes avec le consommateur. Il n’y a pas de médiation, comme en Europe, par le gestionnaire du contrat qui sert d’intermédiaire dans la relation financière et altère le rapport qualité/prix. Ainsi, des conflits sont souvent rapportés par la presse concernant aussi bien la qualité de la nourriture que des conditions d’emploi et de licenciement des salariés.