[audio:934.mp3]
L’un des employeurs les plus renommés des Etats-Unis pour ses bas salaires et la précarité de ses contrats de travail, Sodexho, n’hésite pas à solliciter l’assistance bénévole de ses employés pour aider les SDF et ceux qui ont faim. Ainsi, Sodexho a récemment initié une campagne pour battre le record du tonnage des boîtes de conserve collectées. Le but : les redistribuer par des charités similaires à nos « Restos du Cœur ».
Mais Sodexho ne s’arrête pas là. Chaque année, la multinationale commissionne un rapport d’étude sur la faim aux Etats-Unis. Le millésime 2007 a été présenté en grande pompe le 17 décembre dernier à la Conférence des Maires à Washington DC. Soulignant le coût économique des lacunes des politiques publiques comme l’insuffisance des compléments de revenus versés par la puissance publique (comme nos allocations familiales), Sodexho évite le sujet de la suffisance des salaires.
En France, on sait, la direction de Sodexho l’admet elle-même, que certaines catégories de ses salariés sont amenées à fréquenter les Restos du Cœur et équivalents. Aux Etats-Unis, selon les informations fournies par les organisations syndicales, il en va de même.
Le cynisme des multinationales serait-il aujourd’hui tel qu’elles préfèrent verser le minimum de cotisations sociales, contribuer le moins possible aux frais de fonctionnement de la société, quitte à distribuer de la nourriture obtenue au rabais, exonérée de toute cotisation, aux travailleurs pauvres dont une partie de leurs propres employés ?
Les Restos du Cœur, concurrencent-ils désormais le versement de salaires décents ?
Avec une dose de cynisme supplémentaire, on peut constater que les centaines d’articles de presse, de radio et de télévision concernant les initiatives de collecte de boîtes de conserve, les conclusions du rapport et des reportages sur la Conférence des Maires apportent une valeur considérable à Sodexho en publicité gratuite.
Le site Internet mis en œuvre par ses soins, sans dénoncer ni juger, souligne par rotation en page d’accueil le nombre d’emplois occupés par des personnes, le nombre d’heures travaillés par jour et même l’insuffisance calorifique de leur nourriture pour faire face à leur activité. Voilà une bonne raison pour que les pauvres se gavent de fast-food (distribuée par Sodexho, bien sûr) !