Nous avons adressé ce message de solidarité et de soutien au Secrétariat Général du Thai Labour Council (Confédération des Syndicats Thaïs).

Nous sommes un syndicat français, affilié à la CFDT, organisant les salariés de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme essentiellement autour de Paris et de sa région.
Nous sommes très concernés pour nos collègues victimes des tsunamis dans le sud de la Thaïlande et ailleurs dans les régions côtières de l’Océan Indien. Nous aimerions faire part de toute notre sympathie à vos membres qui ont perdu des êtres chers ou leurs conditions de vie dans cette tragédie.
Nous recevons des informations de sources conflictuelles qui apparemment les arrangent en fonction de leur intérêt. Les organisations ouvrières internationales évoquent un nombre de victimes inférieur à celui du gouvernement thaï. Avez-vous de l’information fiable concernant la situation dans les complexes touristiques ?
Nous sommes conscients qu’après l’aide humanitaire initiale, les employés devront reconstruire leurs vies, leurs emplois et leurs conditions de travail bien au-delà des délais de réouverture des hôtels en bordure de plage.
Nous sommes conscients que l’industrie touristique en Thaïlande comme en France, exploite la main d’oeuvre informelle et des travailleurs clandestins.
Nous sommes prêts à construire avec vous une campagne sur le « tourisme équitable » en vue d’inciter les touristes français (et peut-être européens) à utiliser des établissements pratiquant une juste rémunération et des engagements sociaux plutôt que des « exploiteurs anonymes ».
Nous sommes prêts à contribuer, dans les limites de nos moyens, à la construction de syndicats et du dialogue social dans le secteur hôtellerie-tourisme et à proposer notre aide aux collègues ayant perdu leurs moyens de subsistance.
Si vous le souhaitez, notre organisation peut approcher les grands groupes internationaux tels qu’Accor, McDonald’s, et autres, basés en France et en Europe, qui ont déjà signé des accords de responsabilité sociale, en vue d’obtenir de l’aide pour les employés privés de leurs emplois ainsi que les familles des salariés blessés ou décédés.
Nous pouvons tenter de lever des fonds en vue d’une aide directe si vous pouvez nous recommander des intermédiaires (syndicaux) dignes de confiance.
Nous sommes hélas également conscients que la perte d’une partie du tourisme international dans votre pays non seulement porte un préjudice sévère pour les travailleurs locaux mais conduit à la suppression d’emplois en France. Durant ces dernières années, des milliers de salariés français ont perdu leurs emplois ou subis des dégradations de leurs conditions de travail dans le tourisme du fait des gains de productivité imposes par les employeurs sous couvert d’incidents internationaux tels que le SRAS ou le 9 septembre.
N’hésitez pas à nous contacter.
Très amicalement

Moins de deux heures après, nous avons reçu la réponse suivante :
Je suis si content que vous ayez pris contact et de recevoir votre très fort message de solidarité exprimant votre volonté de soutenir le renforcement du Syndicat (des employés) de l’hôtellerie thaïe.
Notre correspondant à Phuket, la seule région affectée qui est organisée syndicalement, est la Fédération des salariés des hôtels et des services de Phuket (PHSL). Cette fédération n’a émis aucune information officielle à l’heure qu’il est.
L’hôtel Sofitel de Khao Lak (Accor) a subi les pires dégats, personne ne sait encore réellement combien de salariés y ont perdu la vie. Le syndicat n’était pas représenté dans cet hôtel qui fait l’objet des attentions des média.
L’UITA a également pris contact et envoyé Gerard Greenfield sur place pour évaluer la situation. Il y a déjà quelques rapports sur leur site internet.
Je communiquerai votre message de solidarité au comité et aux membres du PHSL et je vous recontacterai pour partager et parfaire vos informations.
Merci de votre sympathique considération,
Dans la solidarité,
Lek Ymprasert,
Thai Labour Council.

Nous savons par ailleurs que Lek Ymprasert se démène jour et nuit depuis le 26 décembre. Il a participé à la coordination des efforts du TLC en faveur des salariés thaïs, à la collecte d’aide humanitaire dans son pays et à l’international. Il a lancé de multiples appels attirant l’attention sur le sort des travailleurs birmans en difficulté suite au désastre, les villages de pêcheurs rayés de la carte, la situation politique à Banda Aceh (Indonésie) et au Sri Lanka. Nous lui retirons notre chapeau proverbial !