Quelle crédibilité pourra-t-on encore accorder à la plus grande organisation patronale du secteur des hôtels, cafés et restaurants ? Dans le dernier épisode du feuilleton, les salariés de son siège social de la rue d’Anjou sont en grève soutenue et financée par leurs patrons

En septembre 2008, Christine Pujol a été élue présidente de l’UMIH pour 4 ans, en remplacement d’André Daguin. Critiquée pour sa gestion du dossier de la baisse du taux de la TVA, 65% des délégués présents à une assemblée générale extraordinaire (AGE) en marge du Congrès annuel de novembre 2009 ont voté pour la destituer et renommer André Daguin « président par intérim ». Mais cette AGE n’a pas été organisée conformément aux statuts. Chacun de son côté revendique le titre de président « légitime ». André Daguin organise le 15 mars, l’élection d’un nouveau président en titre, un certain Roland Héguy.
Ne reconnaissant pas sa défaite née d’une AGE à ses yeux, illicite, et pour protester contre son éviction, Christine Pujol s’est barricadée dans son bureau depuis le 10 mars et a porté plainte pour harcèlement. Roland Héguy a demandé son expulsion des lieux mais le tribunal l’a refusé et décidé de nommer un administrateur judiciaire.
Pour protester contre le fait d’être pris entre les deux camps, les salariés sont en grève jusqu’au 1er avril, date à laquelle le juge doit nommer l’administrateur. Ce n’est pas un poisson ! Les présidents des syndicats (patronaux) départementaux ont promis de les soutenir financièrement et de venir manifester leur solidarité devant les locaux de l’UMIH, le 30 mars.
S’ils n’avaient pas le destin de 800 000 salariés entre leurs mains, on pourrait en rire !

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